Tesla Model X : Génération connectée

Mis à jour : 12 juil. 2018

Après un premier roadster puis une berline, Tesla pousse au bout son concept avec l’imposant Model X, un SUV 100% électrique, intelligent et connecté. Un device à quatre roues
 pur produit de la Silicone Valley. Contact.



Ses ailes de géant se déploient avec 
l’élégance du faucon, ouvrant sur un
vaste habitacle que sa silhouette élancée
ne laissait guère imaginer de prime abord.
 Trompeuse apparence. De plus près, le
 Model X apparaît pour ce qu’il est : un
 massif SUV de deux mètres de large et
cinq de long pouvant embarquer confortablement jusqu’à sept personnes à son bord. L’intérieur est de bonne facture, haut de gamme sans toutefois être luxueux. Pas de boiserie vernie ni de piqûres sellier mais des cadrans digitaux et un immense écran tactile. Bienvenue dans l’ère numérique !


Prendre le volant d’une Tesla reste une expérience à part. Et cela avant même d’être littéralement au volant : l’auto est-elle coincée dans un parking entre deux autres voitures ? Plus besoin de se contorsionner pour se glisser par la portière. Il suffit de la faire avancer depuis son smartphone pour la dégager. A la façon de Pierce Brosnan pilotant une Série 7 avec son Ericsson dans Demain ne meurt jamais... Dix ans plus tard, la fiction est devenue réalité. Les effets spéciaux et cascades en moins !

Une fois installé aux commandes, il convient de se familiariser avec le nouvel environnement, entrer son profil, ses préférences. La firme de Palo Alto nous emmène dans l’univers de la tech. Ses références sont Apple et l’IA plus que Ford et les pistons. C’est la Silicone Valley versus Detroit.



Fini le rituel du quart de tour ou du démarreur pour ébrouer les cylindres. Il n’y a juste qu’à positionner le levier – placé derrière le volant, à l’américaine – sur Drive pour que le véhicule se meuve et s’élance sans bruit sur le lisse ruban d’asphalte. Ce qui frappe en premier lieu dans un véhicule électrique, ce sont les accélérations. La puissance est délivrée instantanément au moteur avec la vivacité d’une ampoule qui s’allume. Il en résulte une incroyable souplesse et la possibilité de dépassements éclairs. A l’exercice du départ-arrêté, le SUV est catapulté de 0 à 100 km/h en 3,3 secondes, comme un avion de chasse sur le pont d’un porte-avions.


Malgré son imposant gabarit et son poids (2,5 t), le Model X se montre vif sur la route, slalomant dans les virages sans prendre de roulis. Cela grâce à son architecture (batteries sous le plancher, moteurs sur les essieux), qui offre un centre de gravité bas lui permettant de virer à plat avec la même gracilité qu’un roadster, ou presque. L’habitacle est spacieux, baigné par la lumière du vaste pare-brise panoramique. Modulable, le SUV peut accueillir jusqu’à sept personnes ou six en configuration salon. L’accès aux places arrière est facilité par les portes papillon, ou plus exactement de faucon puisqu’elles sont articulées pour pouvoir s’ouvrir même entre deux voitures (une trentaine de centimètres sont nécessaires). En revanche, il faut être vigilant dans les parkings souterrains (les capteurs veillent) et abandonner l’idée d’un coffre de toit. Mais le véhicule ne manque pas d’espaces de rangement à l’arrière et sous le capot. Pour les sportifs, le constructeur propose des porte-skis et porte-vélos à l’arrière.



Vers plus d’autonomie


La Tesla n’est pas conçue pour les gros rouleurs qui abattent des heures d’autoroute avec un plein de gasoil. Pour autant elle n’interdit pas les voyages au long cours. Simplement c’est elle qui impose la pause. Au-delà des indications très optimistes des consommations normalisées, le Model X est capable d’effectuer un trajet d’environ 350 km d’une traite, à la vitesse de 130 km/h avec tout le confort à bord (climatisation, navigation, divertissement). Ce qui offre déjà un rayon d’action confortable. D’autre part, le constructeur poursuit le développement de son réseau de super-chargeurs, une soixantaine aujourd’hui, et des points de charge partenaires (restaurants, sites touristiques...) au nombre de 430 à travers l’Hexagone. Une vingtaine de minutes sur un super-chargeur suffisent à emmagasiner de l’énergie pour 250 km et il faudra compter près d’une heure et demie pour faire le plein. Sur une prise standard c’est environ 15 km par heure de charge. Pour l’heure, les réseaux de chargeurs sont à leurs balbutiements. Mais tout cela est en train d’évoluer rapidement car les autres constructeurs s’activent, à l’instar de Nissan et Mitsubishi, déjà bien engagés, ou encore d’Audi, Porsche et autres BMW, qui se déploient à grande vitesse dans le véhicule électrique... Toutefois, pour nombre d’usagers, les grandes distances ne représentent pas la majorité du temps passé en voiture. Or, pour ce qui est des trajets quotidiens, urbains ou péri-urbains, et des balades du week-end, la Tesla est reine !


Quatre roues et une appli


Le constructeur californien s’est aussi distingué par son système Autopilot. C’est actuellement l’assistance à la conduite la plus aboutie du marché, avec celle de BMW sur la Série 7. Si les radars de distance existent depuis une bonne quinzaine d’années, Tesla a développé et agrégé plusieurs technologies qui permettent à la voiture d’être autonome, sur autoroute ou voie rapide uniquement. Une batterie de capteurs et radars permet au véhicule d’analyser la route et même de « voir » ce qui se passe devant un camion en passant par dessous. En attendant que la législation autorise le pilotage automatique, le constructeur propose une assistance à la conduite. L’auto épouse les courbes de la route en suivant les bandes latérales et adaptant sa vitesse au véhicule qui la précède. Quand on met le clignotant, la voiture déboite toute seule après avoir vérifié que la voie était libre. Cela nécessite une petite habitude mais fonctionne bien dans une circulation fluide. Si le volant tourne tout seul, il faut néanmoins obligatoirement garder la main dessus. Un signal lumineux vous rappelle à l’ordre si besoin. Et évidemment, la voiture fait les créneaux à votre place.


Aujourd’hui, les Tesla sont pré-équipées (si le client a pris l’option Autopilot) pour la conduite totalement autonome. Cette fonction pourra être activée sur simple mise à jour dans les pays qui l’autoriseront. Car les Tesla sont des objets roulants connectés en permanence et gratuitement en 4G LTE haut débit. Ainsi elles s’auto améliorent par la mise à jour à distance des différents logiciels embarqués (pilotage, batteries, navigation...) Enfin, l’application Tesla permet de gérer depuis son smartphone plusieurs fonctionnalités, comme le chauffage ou le niveau de charge.

Côté divertissement, le constructeur offre à ses clients un compte Spotify premium, pour écouter ses albums préférés. De Spotify à Google Maps, du réglage des suspensions à celui du radar, toutes les fonctions du véhicule sont gérées via le vaste écran tactile de 17 pouces (43 cm de diagonale) qui trône au milieu de l’habitacle. La Tesla Model X est bien un S.U.V, entendez un Smart Utility Vehicle. EG



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