Specialized, un généraliste premium

Le développement de la griffe S-Works, l’arrivée du e-VTT, l’essor du gravel, sont autant d’éléments qui contribuent à la croissance de la marque américaine dans l’Hexagone, forte d’une image haut de gamme et d’une offre large.



Le développement de la griffe S-Works, l’arrivée du e-VTT, l’essor du gravel, sont autant d’éléments qui contribuent à la croissance de la marque américaine dans l’Hexagone, forte d’une image haut de gamme et d’une offre large. Au fil des années, Specialized, fabricant généraliste de vélos (et de composants à l’origine), s’est imposé sur le marché du cycle comme une marque premium. Une montée en gamme qui est notamment tirée par le label S-Works, « une marque dans la marque », indique Yann Noce, directeur marketing, qui compare volontiers la trajectoire de Specialized à celle d’Audi et de sa griffe Quattro. « Le marché américain, et globalement anglo-saxon, a bénéficié de l’intérêt grandissant pour le vélo d’une nouvelle clientèle à haut pouvoir d’achat. Depuis, le phénomène a gagné d’autres pays, comme la France. Cela nous a aussi amené à repenser la distribution avec la création dans l’Hexagone de vingt-cinq concept stores, très qualitatifs, qui projettent l’image de spécialiste de la marque, avec un mur S-Works et un studio Body Geometry Fit », explique Yann Noce. Soigner l’écrin est donc important « et cela a clairement contribué à augmenter le panier moyen », souligne-t-il.

Dans le même temps, la gamme S-Works s’est étoffée. « Il y a une dizaine d’années, nous avions 7 vélos complets S-Works, route et VTT, sans parler des kits cadres. Cette année, nous en proposons 18 et encore plus de cadres ». Avec des pièces d’exception, comme la série limitée S-Works Tarmac McLaren, vendue à 18 900 €.



Autre facteur qui hisse le prix moyen vers le haut, c’est le développement du vélo électrique et en particulier du e-VTT avec la gamme Turbo Levo. « Nous ne sommes pas arrivés les premiers, mais nous sommes arrivés avec un produit très abouti en termes de performance et d’intégration », précise le responsable, pour qui l’assistance électrique va rapidement changer la donne sur le marché des VTT. « Le vététiste est moins conservateur que le routier. Il a connu et déjà adopté plusieurs évolutions. Le VTT électrique n’est plus considéré comme un vélo de fainéant car on force aussi sur un vélo électrique, mais différemment : on va plus vite et il faut le tenir. De plus on va faire deux montées et descentes quand on n’en faisait qu’une seule ».

Si Specialized n’est pas – encore – sur le créneau du vélo de route électrique, Yann Noce n’en est pas moins convaincu du développement inéluctable de ce marché. « Il y a une importante clientèle potentielle parmi celle qui participe aux grandes cyclosportives ou dans le cyclotourisme ».

Autre tendance forte, le gravel, que d’aucuns voient comme le trail du cyclisme. « C’est le côté évasion du vélo. Le mouvement est fort aux Etats-Unis. Ici, c’est en train d’arriver. C’est la deuxième année que l’on parle de gravel sur le marché. A l’image de notre modèle Diverge, ce sont des vélos confortables et faciles à rouler. Les ventes progressent fortement. Je pense que la compétition va contribuer au développement de la pratique. Le gravel apporte un vent de fraîcheur dans le monde vélo ».

Le futur pour Specialized s’inscrit également dans la recherche aérodynamique, qui se travaille au niveau du cadre et des roues, « mais aussi au niveau de l’équipement du cycliste : casque, chaussures et textile », précise Yann Noce. Le futur est aussi dans la technologie embarquée, les capteurs de puissance, le vélo connecté... « Et dans la capacité pour des marques comme la nôtre et pour la distribution spécialisée, à capter la clientèle féminine », ajoute le directeur marketing, selon qui « le vélo a de très belles heures devant lui avec l’électrique ». EG

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