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Sneakers : les CLAE de la réussite

Née à Los Angeles, Clae est la petite marque qui monte de ce côté de l’Atlantique. De Citadium au Bon Marché, la griffe californienne séduit par son design épuré et un soin particulier apporté aux détails.


Clae x Agnès b

Le « LA » de CLAE est bien celui de L.A., la mégapole de la Côte Ouest américaine. La 
marque a vu le jour en 2001 dans cette ville qui
 évoque le cool, la plage, les palmiers, Hollywood
 et un espace urbain à n’en plus finir. Quand le 
jeune designer Sung Choi lance Clae, il pense à
 tous ceux autour de lui qui cherchent un boulot
 et doivent quitter leurs baskets. Ses sneakers 
épurées s’inspirent des chaussures de ville,
 derby, boots et autres, et passent comme une 
lettre à la poste sur une silhouette pour un entretien professionnel.


Aujourd’hui, le fondateur a repris son indépendance et la création est collective, avec un pied en Californie et un autre en Europe. Reprise par Jim Bartholet, pdg, la marque a ouvert en 2015 une filiale européenne, basée à Anglet sur la Côte Basque. Depuis, les briefs créatifs viennent également d’Europe. « Los Angeles a une vraie culture de la basket mais ici, nous avons une vraie culture de la mode, explique Jérôme Thuillier, dg de la filiale européenne. J’ai grandi à Paris dans cette culture urbaine. Nous y voyons apparaître des tendances qui peuvent émerger plus tard. De plus, en termes de produits, nous avons des contraintes en Europe liées à la météo qui ne sont évidemment pas les mêmes qu’à Los Angeles. C’est pourquoi les premiers briefs viennent de chez nous quand on démarre une nouvelle collection. »



L’élégance de la fonction


Chez Clae, on aime l’élégance de la fonction, autrement dit le design. Ce goût de la sobriété et du détail s’inspire aussi bien de la rue que de l’architecture ou du graphisme. La Bradley, l’un des modèles phares de la griffe au design très épuré, illustre parfaitement l’esprit maison. Ce modèle a été personnalisé pour les collaborations avec Mama Shelter et Agnès B, lancées en mars dernier.


Depuis son arrivée à Anglet, Clae est une petite marque qui monte en Europe. Présente à Citadium, ses sneakers ont également eu l’opportunité de se faire connaître dans l’espace masculin du grand magasin chic de la rive gauche, le Bon Marché. Dans un premier temps, la marque y a juste dévoilé la Bradley, avant d’ouvrir un pop-up store pour la collection printemps-été 2018. L’occasion aussi de concevoir une petite capsule estampillée Bon Marché. « C’est une très belle enseigne. Nous y avons eu un bel écrin où nous avons présenté nos sneakers dans un design du milieu du XXe siècle. Cela nous a permis de montrer non seulement la marque mais aussi son environnement », indique, très enthousiaste, Jérôme Thuillier.



La saison automne-hiver 17-18, a vu les ventes exploser en Europe. Les principaux marchés sont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. La marque est diffusée par 450 revendeurs dans la zone EMEA et une centaine aux Etats-Unis. Au global, Clae a réalisé 10 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2017.

En France, la marque est distribuée dans 60 points de vente. « C’est encore peu mais ce sont des magasins avec qui nous travaillons main dans la main », souligne le responsable. A l’heure actuelle, la griffe ne compte qu’un seul magasin à l’enseigne à West Hollywood. Quelle sera la seconde adresse ? « Paris ou Londres nous conviendrait bien », glisse-t-il.


Encore discrète, la griffe californienne souhaite se faire connaître davantage. En parallèle des réseaux sociaux, en particulier d’Instagram, Clae a lancé le magazine Lace (anagramme de Clae) édité à 10 000 exemplaires. La photo y occupe une place de choix, de même que les interviews de personnalités qui les inspirent, sur un support imprimé noble et élégant. On y retrouve dans le graphisme cet esprit cher à la marque qui a fait sienne la formule de Charles Eames : « les détails ne sont pas des détails. »


Christel Divert