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Sandro Mandrino, Moncler « Allier artisanat et industrie »


Depuis 2010, Moncler propose une collection de vêtements de ski sous le label Grenoble, signée Sandro Mandrino le designer « technique » de la maison italienne.

En hommage à ses origines, la collection technique de Moncler est baptisée Grenoble. Celle-ci s’intègre dans le programme « Moncler Genius » dans lequel des créateurs de renom sont invités à imaginer les doudounes du futur. Mis en place par le patron de la marque Remo Ruffini en 2018, l’ambitieux programme Genius a pour mission de soutenir la croissance de l’entreprise à coups de « drops » réguliers. Au rythme d’une nouvelle « capsule » présentée quasi tous les mois, cette pirouette permet au spécialiste de la doudoune en duvet d’échapper à la problématique du mono-produit. Chaque ligne est signée d’un créateur de mode de renom. Dans ce calendrier de haut vol, Sandro Mandrino, le designer « technique » de la griffe, inscrit son nom aux côtés de Pierpaolo Piccioli, directeur artistique de Valentino, Simone Rocha ou encore Daniel Green.

Avant de rejoindre Moncler en 2008, Sandro Mandrino a travaillé pour de nombreuses marques italiennes dont Prada, Gucci, Dolce & Gabbana ou encore Max Mara. Aux commandes de la collection de ski depuis qu’elle a été relancée en 2010, il déploie sa maîtrise de la fonction et de la créativité pour viser un équilibre subtil entre technicité et esthétique. « La montagne, c’est tout l’univers de Moncler Grenoble, la performance est essentielle », souligne le designer.


Pour cette collection hivernale, Sandro Mandrino s’est inspiré des 50 ans de Woodstock, créant un dialogue imaginaire entre l’équipement de montagne et l’univers déjanté d’un festival de rock. L’occasion de mettre en scène sa vision détonante du mix de mode et technique dans une explosion de couleurs, motifs batiks et psychédéliques, franges et patchworks. Ces détails typiques des Seventies lui permettent d’introduire un caractère artisanal à un univers high-tech. Tout en gardant une base technique, il fait surtout évoluer les finissages et traitements. Le motif tie & dye est notamment réalisé à la main, illustration de la fusion de l’artisanat et de l’industrie qui est, pour lui, le futur du sportswear de luxe. Le designer souligne que ses vêtements sont conçus pour la pratique du ski, et sont dotés de membranes imper-respirantes.


Coup de génie

La stratégie imprimée par Remo Ruffini dans le projet Genius, par lequel il estime que « la somme de ces visions personnelles crée l’identité Moncler », rencontre un réel succès médiatique et commercial. Le chiffre d’affaires de la marque a progressé de 19% sur l’exercice 2018 à 1,4 milliard d’€ et le bénéfice net a bondi de 33% pour s’établir à 332 M€. La tendance se poursuit dans les comptes du 3e trimestre de 2019, où les ventes affichent une hausse de 12%.

Rachetée par l’homme d’affaires italien en 2003, la marque s’appuie aujourd’hui sur une forte présence en Italie où elle a réalisé 12% de ses ventes en 2018. L’Asie représente 43% du CA, suivi par l’Europe (hors Italie) à 29% et les Amériques (16%). Avec 199 points de vente à l’enseigne à fin septembre 2019, et l’ouverture de 6 nouvelles boutiques et 7 shop-in-shops cette année, le business du groupe est aussi de plus en plus vertical. Le CA réalisé dans son propre réseau de distribution a représenté 77% des ventes globales (1,1 Md€) en hausse de 22% en 2018.

Répondant à des rumeurs persistantes, le pdg a démenti dans un communiqué daté du 5 décembre être en pourparlers avec le groupe Kering. La marque n’en demeure pas moins une belle cible pour un conglomérat de luxe à l’affût de nouvelles opportunités et niches de croissance.

SB