Look 796 Monoblade Au paroxysme de l’aérodynamisme

Mis à jour : 16 mai 2018

Quatre ans de développement ont été nécessaires au constructeur de Nevers pour réaliser le nouveau vélo 796 Monoblade, taillé pour le contre-la-montre et le triathlon.

Le vélo Look 796 Monoblade fend l’air comme la lame effilée d’un sabre de samouraï. Un joyau de carbone et d’ingéniosité, qui rehausse les standards aérodynamiques. « Ce vélo réunit à lui seul tout le savoir faire de Look Cycle en termes de technologie et d’intégration », affirme Frédéric Caron, le chef produit de la marque. Ce vélo a été spécialement affûté pour le triathlon et aussi la course contre la montre.

Un choix qui implique au constructeur de rester dans les contraintes normatives de l’UCI. « Il est vrai que le marché pour ce type de vélo est majoritairement orienté triathlon. Si l’on avait conçu un pur vélo de triathlon, nous aurions pu nous affranchir des normes de l’UCI en étant peut-être plus radical. En revanche, si le contre-la-montre est un tout petit marché, il ouvre au 796 la vitrine du Tour de France, et cela passe évidemment par l’UCI », explique Frédéric Caron.

Autre problème, un vélo de triathlon et un vélo de contre-la-montre ont des géométries spécifiques. « La position des cyclistes est différente. En contre-la-montre, le coureur adopte une position très basse, qui peut vite être inconfortable. Mais c’est un effort qui dure environ une heure. Tandis qu’un triathlète peut rester jusqu’à 5 à 6 heures sur son vélo dans un Ironman et doit se préserver pour la course à pied. Nous avons donc conçu un vélo adaptable aux deux pratiques. Par exemple, le cintre peut varier de 14 cm. Les repose-bras et prolongateurs sont réglables, comme l’angle de la selle. Le pédalier offre plusieurs longueurs de manivelles. Le principe est de proposer un ensemble de solutions pour offrir une parfaite ergonomie. Nous pensons chez Look que c’est le vélo qui doit s’adapter au pilote, pas l’inverse. Les gains en aérodynamisme n’ont pas été au détriment de l’ergonomie ».

Parmi les nouveautés majeures, le pédalier en carbone Zed3, « avec un ratio poids/rigidité deux fois supérieur à la moyenne » et la tige de selle Aeropost, qui se compose de trois pièces : un « coin » de serrage sur le cadre, un tube de selle (à recouper) et une tête de tige de selle interchangeable. « Cela évite de couper au niveau du cadre pour le mettre à sa taille, et donc de pouvoir revendre son vélo plus facilement, ou pour un petit club de pouvoir partager un vélo », indique Frédéric Caron. L’Aeropost dispose aussi d’un élastomère qui filtre les vibrations.

Le plus gros challenge du constructeur se situe au niveau de la fourche. Celle-ci est bien sûr équipée du très aérodynamique frein intégré inauguré sur le 795. Mais le plus révolutionnaire, c’est que Look abandonne la fourche déportée (qu’il avait inventée en 1990 avant qu’elle devienne la norme), pour un nouveau pivot traversant ultra fin, « qui a été réduit à un diamètre de 19mm pour une douille de direction de seulement 25mm de large, soit le minimum autorisé par l’UCI. Cette solution permet de conserver l’aérodynamisme dans toutes les conditions contrairement à la traditionnelle fourche déportée », explique Frédéric Caron. « C’est aussi un moyen de se différencier et de créer un nouveau standard », souligne le responsable.

Difficile, au regard des contraintes, d’aller beaucoup plus loin en termes de poids et d’aérodynamisme. A moins de s’attaquer à la question des roues. A suivre. EG


Le Look 796 Monoblade Proteam est proposé avec les groupes Shimano Dura Ace D12 et Ultegra D12. Le poids du vélo monté varie entre 7,2 et 7,8 kg selon les options de groupe et de roues (Mavic Yksion CXR ou Yksion Elite)
 et les prix entre 
9 000 et 13 000 € environ. Le kit cadre (avec pédalier Zed 3, cintre, prolongateurs) est 
au prix de 7.000 €.

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