Le vêtement intelligent vu par Stoll

La technique du jacquard, soit le tricotage de différentes fibres dans un seul matériau hybride, ouvre de nouveaux horizons dans les vêtements connectés, à l’image de cette combinaison de running.


Connectés, chauffants, réfléchissants, body-mappés… Le tricotage rend les vêtements intelligents.

Une tenue de running pour grand froid
 et un sweat nouvelle génération,
 sont les deux premières pièces de la 
gamme Performance+ développées par
le tricoteur Stoll. Une illustration des
possibilités du tricotage intégral à l’ère
 des vêtements intelligents. Ces produits
 intègrent les multiples fonctions « smart » 
qui peuvent être embarquées et réalisées
 aujourd’hui à une échelle industrialisable.
 « Ce n’est pas une vision du futur, précise
 Jörg Hartmann, directeur mode et technologie de la firme allemande, mais un échantillon de ce qui est réalisable à l’heure actuelle. »

Le tricotage intégral de vêtements à la forme, ou fully-fashioned, n’est pas une technique nouvelle. Le prêt-à-porter l’exploite pour concevoir des vêtements d’un seul tenant. Les sous-vêtements « seamless » fabriqués sur des métiers à tricoter circulaires sont devenus des basiques. Et avec les Flyknit de Nike et les Primeknit d’Adidas, cette technique a fait une entrée remarquée dans les chaussure de sport tricotées.

La nouveauté de cette gamme développée par Stoll est l’intégration de propriétés dites « intelligentes ». La fonction de chauffage, les capteurs et la gestion de l’électricité et de l’électronique se fait ici sur une base 100 % textile. « Nous avons cherché à montrer le potentiel en matière de textile intelligent des métiers à tricoter existants », explique Jörg Hartmann.

La fonction de chauffage, les capteurs et la gestion de l’électricité et de l’électronique sont intégrés dans le tricotage.

Ainsi cette tenue de running, conçue pour courir en plein hiver, d’où la présence d’une cagoule, comporte un panneau chauffant placé devant la bouche. Un réseau de fils en cuivre, relié à une pile-bouton logée dans un emplacement prévu à l’arrière de la tête, peut chauffer le panneau jusqu’à 44°C pendant 20 minutes. Des diodes s’allument lorsque le courant passe et des fils thermosensibles passent du violet au blanc lors de la phase de chauffage. Le vêtement peut également accueillir un smartphone au dos du collant et une puce NFC (Near Field Communication) pour activer une fonction lumière.

Au-delà de la connectique, les vêtements de cette ligne Performance+ sont « body-mappés ». Ainsi le tricotage est plus serré sur le devant du vêtement pour protéger du vent, tandis que d’autres zones sont conçues au contraire pour ventiler, évacuer la transpiration, ou encore offrir une zone de compression selon les besoins. Avec en prime, la possibilité d’intégrer des fils réfléchissants pour augmenter la visibilité de nuit.


Côté machines, ces fonctions sont possibles par le biais du tricotage circulaire, mais la maille rectiligne permet de fabriquer un vêtement de A à Z sans aucune couture, notamment pour les bas, souligne Jörg Hartmann. En revanche, ces métiers sont moins rapides et augmentent le coût de fabrication. Encore faut-il prendre en compte le processus total et notamment la confection, souligne le responsable : « c’est là où le tricotage rectiligne peut s’avérer avantageux, d’autant plus pour de gros volumes ». La prochaine étape pour Stoll étant d’inciter les marques de sport à franchir le pas avec des gammes commerciales. En attendant, le fabricant poursuit ses recherches et promet des nouveautés dans le domaine de l’athleisure. SB



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