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JP Stark : l’innovation au service du surf

Mis à jour : 18 mai 2018

C’est en voulant améliorer la réactivité des planches de surf que Jean-Pierre Stark, shaper emblématique de la côte basque, a développé la technologie «Pheno» pour phénoménal, basée sur des tubes en carbone.


JP Stark Surfboard a été fondé à Anglet en 1981. La réputation du shaper lui a valu de façonner les planches des plus grands surfeurs internationaux, tels Tom Curren, Tom Carroll, Todd Prestage, Didier Piter, Ross Willams, Chris Ward, Dan Ross, etc.

Si les planches de surf industrielles dominent
le marché, il reste encore une importante demande pour des planches sur-mesure façonnées par les shapers, sur un mode de fabrication
 très artisanal. Mais pour JP Stark, l’artisanat n’est
 pas antinomique avec l’innovation. Car, si les formes des planches, quelles qu’elles soient, affichent de nouvelles géométries et profils, il y a 
eu relativement peu de recherches sur les matériaux, estime le shaper. A l’exception de l’éphémère projet S-Core de Salomon, souligne-t-il. La référence aux sports d’hiver n’est pas fortuite,
 car c’est en chaussant des skis que Jean-Pierre
 Stark a eu un premier déclic. « L’arrivée des skis paraboliques a été une vraie rupture technologique qui a eu un impact sur toute la discipline et
 j’ai cherché à retrouver cette même vivacité dans 
un surf. » Avec le fabricant de pains de polystyrène Atua-Cores, installé à Bordeaux, Jean-Pierre Stark a étudié diverses options avant d’imaginer une solution basée sur des tubes de carbone. Ceux-ci remplacent la traditionnelle latte de bois insérée dans le pain pour apporter flex et soutien. « Dès que le surfeur la sollicite, il faut que la planche réagisse », dit-il. C’est ce qu’il estime avoir réussi avec la technologie Pheno. « La planche se déforme plus facilement et réagit immédiatement. En torsion ou en flex, elle est plus vive sous le pied et permet de faire des manœuvres plus radicales et aériennes. »

Renforcé de carbone, le pain en polystyrène expansé gagne aussi en mémoire de forme. « Les matériaux vieillissent assez vite, une planche utilisée de manière intense aura une durée de vie de 6 mois », rappelle le shaper. Autre avantage du polystyrène, les chutes sont recyclées. Mais une fois la planche stratifiée et glacée, elle est, comme tout composite, difficilement recyclable. Jean-Pierre Stark souligne au passage qu’il a fait le choix de se fournir chez Atua-Cores au lieu de faire venir ses pains d’Afrique du Sud ou d’Australie, et peut donc revendiquer une empreinte carbone réduite.

« Fabrications industrielles et artisanales sont complémentaires.»

Après huit ans de recherche et développement, 2016 est l’année du lancement officiel de Pheno. Jean-Pierre Stark reste fidèle au travail artisanal, toujours très attaché au dialogue qui s’instaure entre le surfeur et le shaper dans la mise au point d’une planche, afin qu’elle soit parfaitement adaptée à la morphologie du client, à son style de surf et au type de vagues. Cependant, le shaper d’Anglet n’est pas contre le partenariat avec des industriels comme il l’a démontré au fil de sa carrière en créant des planches pour Bic Sports et maintenant pour Tribord. La marque de Décathlon a déjà intégré la technologie Pheno dans son offre, avec des planches signées JP Stark. « Fabrications industrielles et artisanales sont complémentaires. La grande série permet de proposer mon expérience sur des produits plus abordables. Cela ne me pose pas de problème. Mais je reste avant tout un shaper spécialisé dans le sur-mesure », insiste celui qui a façonné les planches de nombreux champions, dont Tom Curren et Tom Carroll, qui ont fait sa réputation.


Sophie Bramel


©photos JPStark/D.Gestas/DGStudioCréation