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Jérémy Rochette, Picture : « des produits qui nous ressemblent »

Les trois jeunes snowboardeurs du Sancy 
ont réussi leur pari : créer une marque qui leur ressemble. Dix ans plus tard ils sont à la tête d'une PME de trente personnes, toujours animés par la glisse, le style et l’innovation.


Jérémy Rochette, cofondateur de Picture Organic Clothing et directeur du design.

Rien ne prédisposait Jérémy Rochette
 au métier de designer, si ce n’est un 
certain tropisme pour le style et un
 habile coup de crayon, qu’il employait à
 « gratter » dans l’agence d’architecture paternelle les soirs de charrette. « J’ai toujours été intéressé par les marques et les tendances », confie le cofondateur de Picture Organic Clothing. « Nous sommes tous les trois avec Julien [Durant] et Vincent [André] des passionnés de skate et de snowboard. A l’époque j’aimais beaucoup les fringues de Burton et j’avais déjà une vraie admiration pour Patagonia. Seulement, il y a dix ou quinze ans, le style de Patagonia nous paraissait vieillot et les couleurs ternes. Alors nous nous sommes dits : pourquoi ne pas mixer les deux, créer une sorte de Patagon-Burton ? »


Jérémy Rochette, Vincent André, Julien Durant.

En 2008, sur un marché déjà bien encombré et en pleine crise financière, le trio lança la première collection Picture. Le design fut confié à celui qui savait tenir un crayon et utiliser un logiciel de CAO. « J’aimais bien les angles et les lignes, Julien trouvait que j’avais un style d’archi ! », s’amuse Jérémy Rochette. En premier lieu il dessina le logo : « un sapin dans un goute d’eau, avec un sommet découpé dans sa pointe. Un logo qui raconte ce que l’on aime, la terre, l’eau, la forêt, la montagne » et qui devient un élément à part entière du design des vêtements. La marque, très tribale à ses origines, a commencé par faire un carton chez les 15-25 ans avant d’élargir la collection et la cible. « Nous avons trois lignes : Friends très typée freestyle avec du colorblocking ; Expé, plus sobre et plus classique, et Adventure, du street-urbain-ridable pour les citadins qui cherchent de la polyvalence ».


Résultat, pile 10 ans plus tard, l’ex petite start-up, aujourd’hui partagée entre Clermont-Ferrand et Annecy, emploie une trentaine de personnes et franchit la barre des 20 millions d’euros de CA.


L’éco-conception est au cœur de la stratégie de l’entreprise, aussi bien dans sa collection textile, à l’image de la capsule WWF, que dans les équipements comme la combinaison de surf à base de caoutchouc naturel, le casque de ski en polymère de maïs ou

encore l’ingénieux sac à dos Ivy certifié Oeko-Tex.

« L’Ivy Bag est un projet qui a nécessité deux ans de développement. L’histoire a commencé il y a trois ans avec la visite d’une jeune designer, Constance Allimant [aujourd'hui chez Rapha, Ndlr], qui nous a présenté le concept d’un sac en plusieurs modules, à l’origine plutôt pour le vélo. Nous avons trouvé ça très ingénieux. Nous avons alors réfléchi à un sac plus volumineux en adéquation avec l’univers de Picture, entre ski, surf et voyage. Un produit modulable adapté aux nouveaux modes de pratiques et de déplacement des jeunes urbains, entre voyages en train, en avion, en covoiturage, le temps d’un week-end prolongé », explique le directeur du design.
 L’Ivy Bag, vendu à 189 €, est composé de quatre compartiments qui peuvent être assemblés ou dissociés, utilisés ensemble ou séparément : daypack de 20 litres, gros sac de 70 litres, sacoche, banane. « Nous avons énormément travaillé le confort de portage, ce qui nous a fait modifier le patronage une bonne dizaine de fois et nécessité de nombreux allers-retours avec l’usine. Le développement du sac a demandé deux ans de travail. Nous réfléchissons déjà à la version 2 avec un produit moins lifestyle et plus léger ». L’aventure continue. EG