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Jérémy Faraud, Ducati « Le Scrambler est intemporel »

Mis à jour : 14 mai 2019

La marque italienne de motos, propriété du constructeur Audi, a fait de la tendance Scrambler une marque à part entière. Rencontre avec l’un des créateurs des Scramblers Ducati.


Jérémy Faraud, designer.

Avant d’être une marque déposée par Ducati, le Scrambler définit historiquement un type de moto : une routière préparée pour les courses tout-terrain à une époque où les enduros n’existaient pas encore. Pneus crantés, échappement rehaussé et grille de phare sont les signes distinctifs d’un authentique Scrambler. Aujourd’hui, il offre un parfum d’aventure dans un univers urbain.

« Le Scrambler c’est l’évasion et l’appel des grands espaces,

combinés à la tendance vintage »


Le Scrambler a son film de référence, La Grande Evasion, avec la séquence culte où Steve McQueen tente de s’enfuir au guidon de sa Triumph TR 650. Tous les ingrédients de « l’esprit scrambler » y sont réunis : un titre qui parle de lui-même, un héro à l’attitude cool et la patine du rétro.


« Le Scrambler c’est l’évasion, la nature et l’appel des grands espaces, combinés à la tendance vintage, qui se traduit depuis quelques années déjà par un retour des modèles classiques et autres cafés-racers. Le Scrambler est à la croisée de ces deux tendances, qui sont même, je pense, des courants de fond », estime Jérémy Faraud. C’est à lui et à Julien Clément, le designer du premier Icon 800 en 2015, tous deux jeunes diplômés de l’ISD, que l’on doit la gamme des Scramblers Ducati. « C’est typiquement la moto à tout faire. C’est une tendance qui s’inscrit dans le même mouvement que le SUV en automobile, avec en plus un côté vintage et cool. D’ailleurs, l’automobile aussi a connu sa période vintage avec la Mini et la Fiat 500 », observe Jérémy Faraud.


Les lignes prennent le contre-pied des motos sportives. « Elles sont plus rondes, plus sensuelles, à la différences des lignes affûtés des sportives japonaises, par exemple, dont le style est imprégné de l’esprit manga, où les traits sont énormément accentués », souligne le designer.


Puisant son inspiration dans les années 50 à 70, voire 80, le style vintage peut-il se renouveler ou bien va-t-il s’épuiser ? « Réinterpréter le vintage, ce n’est pas le copier avec quelques artifices, c’est le comprendre. Ce que nous enseigne le vintage, c’est de revenir à l’essentiel, à des formes plus simples, sans fioritures, pensées pour la fonction à une époque où les motos étaient faites par des ingénieurs. Le travail du designer, c’est de venir discrètement souligner cette simplicité, de la sublimer, en y apportant une touche de style, en travaillant les galbes, sans la dénaturer avec des ajouts de plastique. Le vintage ce n’est donc pas redessiner ce qui a déjà été fait il y a plusieurs décennies, mais c’est retrouver une certaine intemporalité, c’est créer un objet qui ne peut pas passer de mode, qui garde de la valeur dans le temps », explique Jérémy Faraud.



La place du designer dans l’entreprise ? « Elle est très importante chez Ducati. Le premier mot pour définir la marque, c’est le style. Après, c’est un travail d’équipe. Pour tout projet nous travaillons en binôme avec un chef ingénieur. Il n’y a pas de hiérarchie entre design et ingénierie, c’est un dialogue permanent. Selon moi, le design c’est 50 % d’art et 50 % d’ingénierie. Et vis-à-vis du marketing, nous avons aussi notre mot à dire pour proposer un type de moto », ajoute le designer, qui a notamment signé le Scrambler 800 Desert Sled

(réincarnation de la XT 500 de 1976) et le Scrambler 1 100 au sommet de la gamme. EG

Scrambler 800 Desert Sled