Ector : la sneaker éco-tricotée en France

Mis à jour : 12 juil. 2018

Avec Ector, son nouveau modèle recyclé, recyclable, stylé et abordable, la start-up drômoise Soft’in fait un pas de plus dans l’économie circulaire et solidaire.

Une production 
locale, des matières éco-reponsables, pour un modèle entièrement recyclable.

En seulement cinq ans d’existence, Soft’in a marqué de 
son empreinte le milieu de la 
sneaker éco-responsable. A la 
fois studio de R&D et atelier de
fabrication en petite série, la
 start-up s’est installée dans la
Drôme, à Romans-sur-Isère. Cette
i mplantation dans l’ancienne
 capitale de l’industrie de la chaussure, secteur aujourd’hui sinistré, est en soi déjà tout un symbole. « Nous avions à cœur de relancer une activité de production en nous appuyant sur le savoir faire drômois », explique Patrick Mainguéné, devenu entrepreneur après une carrière chez Salomon, Aigle et Lafuma.


Spécialiste de l’éco-conception, Soft’in collabore avec de jeunes marques comme Picture, Verkor ou 1083, et réalise aussi ses propres produits sur le mode du financement participatif. L’atelier maîtrise les technologies de pointe, comme la soudure par ultrason, et utilise des matériaux écologiques : lin, caoutchouc, polyester recyclé... Un savoir faire mis en application sur ses modèles, en feutre ou en mesh. « Il faut six bouteille en PET pour faire une chaussure. Nous assurons la découpe et l’assemblage par ultrason dans notre atelier. Le style est moderne et la conception minimaliste », explique l’entrepreneur.


« C’est une nouvelle révolution industrielle qui se dessine. Le tricotage permet de réduire la consommation de matières et de produire plus près des bassins de consommation. »

Mais avec son tout nouveau modèle Ector, Soft’in fait un pas de plus dans l’éco-conception en adoptant la technique du tricotage. Le fil, également issu de bouteilles en plastique, est fourni par la société Antex en Espagne et le tricotage est réalisé à Saint-Etienne par Richard Frères, « une entreprise qui a cent ans d’expérience dans le secteur médical », indique Patrick Mainguéné, intarissable sur les avantages du tricotage 3D.

« C’est une nouvelle révolution industrielle qui se dessine. Le tricotage permet de réduire la consommation de matières et de produire plus près des bassins de consommation. L’arrivée de Nike a changé les regards sur le tricotage ». Lors du lancement de la Flyknit le géant américain annonçait une réduction de 72 % des déchets par rapport aux tiges assemblées de manière traditionnelle. « C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis trois ans. Pour aller au bout de la démarche environnementale, nous proposons aux clients de nous retourner leur paire usée contre une remise de 15 %. Les chaussures récoltées seront recylées pour fabriquer de nouvelles Ector », explique Patrick Mainguéné.


Moins de matières et moins d’étapes de fabrication.


« Nous assurons l’assemblage dans notre atelier, qui est en train de changer de dimension. Le tricotage de la tige nécessite un travail d’ingénierie pour réaliser les programmes et après ce n’est que du temps machine, qui est aussi cher en France qu’en Asie », souligne l’entrepreneur. Ce qui permet de proposer une chaussure innovante fabriquée en France à 99 euros en magasin. « Les possibilités qu’offre le tricotage sont énormes. On peut fonctionnaliser la tige pour apporter plus de maintien ou de protection par exemple. Cette technique est parfaitement adaptée aux chaussures de sport, de running, voire d’escalade. Derrière la technologie, il y a un vrai avantage en termes de légèreté et de protection de l’environnement ». EG


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