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Avec le FUCI, Specialized brise les règles

Mis à jour : 16 mai 2018

Directeur de la création chez Specialized, Robert Egger a mis au point un concept-bike unique en son genre qui fait fi de toutes les règles imposées par l’Union cycliste internationale (UCI). Nom de code ? F…UCI. Présentation.

Imaginé et développé par Robert Egger, directeur créatif chez Specialized, le fUCI est un concept-bike qui déroge aux règlements établis par l’Union cycliste internationale

« Si au départ d’une course, les commissaires considèrent qu’un coureur arrive avec une innovation technique ou un équipement non encore accepté par l’UCI, ils doivent lui refuser le départ. » Extrait des règlements techniques de l’Union cycliste internationale. Les vélos des coureurs professionnels sont évidemment réglementés de manière très précise, mais qu’en est-il des autres vélos pour le reste de la population ? C’est justement pour répondre à cette question que Robert Egger, directeur créatif de la marque américaine Specialized, a laissé libre court à son imagination. Selon lui, les seules limites qu’un créatif doit se fixer sont celles de son imagination. Avec le FUCI, il laisse donc sa main esquisser librement, ignorant les bases de la réglementation technique de l’UCI pour imaginer le vélo de demain. Pas de règle, pas de restriction. Juste un teaser pour l’avenir. « Les vélos de courses officiels sont faits pour une infime population, mais il y a tellement de coureurs qui n’ont rien à faire de ces règles, qui ne suivent même pas les courses de l’UCI, explique le designer. Mon but a donc été de révéler tout le potentiel d’un vélo, et avant tout de concevoir une machine pour tous ceux qui veulent aller vite sans s’embarrasser des contraintes techniques. »

C’est en quelque sorte le vélo anti-UCI

Electrique et aérodynamique

Première étape : la taille des roues. Contrairement à la définition de l’instance fédérale faisant d’un vélo « un véhicule à deux roues de diamètre égal », le créatif a opté pour une impressionnante roue arrière de 33,3 pouces. « Je n’ai pas non plus été limité par le diamètre ou la forme des tubes ou par un quelconque avantage aérodynamique », précise-t-il. Si cette roue arrière plus grande que la roue avant est évidemment très efficace pour atteindre des vitesses plus importantes sur le bitume, elle exige aussi une plus grande force de pédalage au démarrage. C’est pourquoi, le FUCI embarque un moteur dans le boitier de pédalage. Là-encore, loin des règles de l’UCI qui expliquent qu’un « vélo est propulsé exclusivement par les jambes, sans assistance électrique ou autre. » La batterie lithium peut être retirée pour se recharger sur secteur, mais elle peut également se recharger sur la route grâce à un panneau solaire intégré. Le FUCI possède également une station d’accueil pour smartphone avec capteurs intégrés. « Travailler sans contrainte ni règle a été quelque chose de très enivrant, raconte Robert Egger. C’est en quelque sorte le vélo anti-UCI, comme pour dire "voici une manière totalement différente de faire les choses. Ce vélo ne rentre pas dans vos cases, mais les gens qui l’apprécieront ne sont pas concernés par ces cases". »


Thomas Héteau