Aston-Martin DB11, la passion du sport en héritage

Mis à jour : 16 mai 2018

Une silhouette élégante et racée, un habitacle high-tech et raffiné, avec 600 chevaux sous le capot. L’Aston-Martin DB11 est l'héritière d'une noble lignée à la croisée du luxe et de la performance. Coup d'œil dans le rétro.

Après douze années de loyaux services, la sage DB9 s’efface pour laisser place à la très racée DB11, née sous le crayon de Marek Reichman, directeur de création d’Aston-Martin.

Entre la « 9 » et la « 11 », il y a bien eu une éphémère -et très exclusive- DB10, que les cinéphiles n’auront pas manqué de remarquer dans le dernier opus de James Bond, Spectre. Sur les dix exemplaires produits pour les besoins du film, seulement deux DB10 ont échappé aux cascades de 007, l’une est exposée au musée de la marque, l’autre a été vendue aux enchères pour la coquette somme de 2,4 millions de livres au bénéfice d’une association humanitaire.

La « 11 » s’inscrit pleinement dans la noble lignée des « D.B. », initiée par David Brown, celui qui a relancé la firme au lendemain de la seconde guerre mondiale. Plus qu’un numéro supplémentaire, la DB11 est l’héritière d’une haute conception de l’automobile, le nouveau maillon d’une passionnante saga industrielle et sportive.

Celle-ci débuta dans l’Angleterre des années 1910, sur la course de côte organisée sur l’étroite route qui monte à Aston Hill. Un gentleman driver fortuné, dénommé Lionel Martin, s’y distinguait régulièrement au volant de sa Singer. Un modèle qu’il avait spécialement préparé, avant de construire sa propre automobile en 1915, qu’il baptisa Aston-Martin.

La petite firme déploya ses ailes dans les années vingt, mais Lionel Martin était meilleur pilote que gestionnaire. L’entreprise connut de nombreux repreneurs, puis les affres de la seconde guerre mondiale, jusqu’à l’arrivée providentielle de David Brown en 1947.

Constructeur de machines agricoles, Brown accompagna l’âge d’or de l’automobile, signant de ses initiales les plus glorieuses pages de l’histoire de la marque. Avec notamment l’avant-gardiste DB5, sur laquelle les ingénieurs abandonnèrent l’armature en bois pour le châssis tubulaire Superleggera du carrossier milanais Touring. La DB5 fut aussi la première « James Bond Car », avec Sean Connery au volant.

De Aston Hill aux 24H du Mans

Sur le plan sportif, la marque au badge ailé se distingua à plusieurs reprises aux 24 Heures du Mans. En particulier avec la victoire en 1959 de Carol Shelby, le père de la future Cobra Daytona, au volant d’une DB-R.

Après 25 ans de stabilité sous le règne de David Brown, Aston-Martin connut une quinzaine d’années chaotiques, en pleine crise du pétrole et de désorganisation de l’industrie automobile britannique.

L’entreprise était sur le point de sombrer lorsque le groupe Ford entra dans le capital en 1987. Aston proposait alors à son catalogue une AM V8 dérivée de la DB-S. Celle-là même que conduisait Roger Moore, non pas dans le rôle de James Bond cette fois mais dans celui du distingué Brett Sinclair dans la série Amicalement Vôtre à la fin des années soixante-dix.

Le groupe américain changea de vitesse à partir de 1995 avec la DB7, hissant progressivement la marque à la hauteur des plus prestigieux constructeurs de GT avec notamment la Vanquish (2001), puis la DB9 (2004).

Nouveau virage en 2007 : Ford revend Aston-Martin à un consortium anglo-koweïtien mené par le pilote David Richards, fondateur de l’écurie de course Prodrive. Et plus récemment, en 2013, le groupe Daimler-Benz est entré à hauteur de 5% dans le capital du constructeur britannique, scellant ainsi un partenariat industriel qui permet à Aston-Martin de bénéficier des dernières technologies de Mercedes. Tour en restant indépendant.


La DB11 arbore l’allure d’une spacieuse GT, évocatrice de confort et de vélocité. A bord, règne une atmosphère raffinée au design élégant et épuré, qui marie harmonieusement cuir, bois et aluminium. Le style intérieur est l’expression même de cet art de vivre qu’Aston-Martin a toujours revendiqué, entre classicisme et avant-garde.

L'empattement accru offre un habitacle un peu plus spacieux, toutefois les deux places arrière restent d'appoint. Le poste de conduite est parfaitement ergonomique. Le tableau de bord est passé au tout numérique : adieu les aiguilles, place à la caméra 360° et à un bel écran GPS.

Le bouton « engine start » trône au milieu de la console. Une légère pression et le V12 vous envoûte. Le timbre magique du douze-cylindres fait oublier que le constructeur a abandonné l’onctueux 6,0 litres pour un plus « modeste » 5,2 litres, renforcé de deux turbos. Mais avec un gain de puissance substantiel, passant de 547 chevaux sur la plus puissante des DB9 à 608 pur-sang, capables de lancer la DB11 en 3,9 secondes de 0 à 100km/h et de l’emmener jusqu’à 320 km/h. Pour tenir les rênes de cette cavalerie, le constructeur propose trois modes de conduite GT, Sport et Sport +, ainsi que trois réglages d'amortissement, Normal, Sport, Sport +. Selon les modes sélectionnés, la DB11 montre plusieurs visages : en GT/Normal, elle tient du bon docteur Jekyll, douce et confortable, façon Pullman, se mutant en mister Hyde, affûtée et agressive, dès que l’on actionne le mode Sport+. Avec son gabarit et ses presque deux tonnes, la DB11 est taillée pour fendre la bise à vive allure sur des croisières au long cours.


Emmanuel Gravaud

Caractéristiques

Carrosserie : coupé 2+2

Moteur : 12 cylindres en V

Cylindrée : 5 204 cm3

Puissance max. : 608 ch

Couple max. : 700 Nm

0 à 100 km/h : 3,9 sec

Vitesse max : 300 km/h

Transmission : boîte automatique 8 vitesses

Poids : 1 770 kg

Dimensions (long. larg. haut.) : 474, 194, 128cm

Prix indicatif : 200 000 € env.

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